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Le Chroniqueur

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janvier 2008

Mercredi 30 janvier 2008
 
 
undefined Nous savions qu'en musique, les ensembles amateurs, s'ils sont de qualité, font souvent souffler mieux l'esprit que le professionnels. Ceci non seulement parce qu'ils ne comptent pas les répétitions et les heures de travail, mais principalement parce qu'ils se donnent à fond cherriersmall.jpg à l'œuvre qu'ils interprètent. Et à laquelle ils attachent souvent bien plus que les interprètes de métier, une part de leur vie. Notre conviction à ce sujet a été confirmée le dimanche 27 janvier 2008 lors d'un concert à l'église décanale de Mersch dans le cadre des "Rencontres musicales de la Vallée de l'Alzette. Les ensembles amateurs Ars Musica et Eurocantica accompagnés par l'orchestre Estro Armonico y ont interprété deux grandes œuvres chorales du répertoire français; Les solistes furent Julia Cherrier, soprano, Jeff Mack et Achim Kleinlein, ténors, ainsi que la basse/baryton Peter Anton Ling. Rosch Mirkes dirigeait tout ce monde avec talent et empathie.
 
Nous fûmes surtout marqués par la première œuvre Les Sept dernières paroles du Christ en croix de César Franck (1822-1890). A côté d'œuvres d'inspiration religieuse en français, destinées au concert (Ruth, Rédemption, Les Béatitudes) Franck a écrit, sur des paroles latines un certain nombre de partitions vocales liturgiques ou para-liturgiques dont le macksmall-copie-1.jpg "Sept Paroles..." est la plus importante. Cette œuvre que nous ne connaissions pas, (elle est très rarement enregistrée), nous prit sous sa beauté mystérieuse et sa pureté magique pendant toute son interprétation. En effet nous avons découvert une œuvre dépourvue des lourdeurs auxquelles ont s'attend chez Franck, mais empreinte d'une pureté linéaire et aérienne. Cette pureté fut d'ailleurs interprétée avec un dévouement émouvant par les deux chœurs. Personne ne nous en voudra, si nous accordons ici toute notre attention aux chœurs; ceci ne signifiant en aucun cas une critique des excellents solistes. Mais nous ne pouvons cacher, que ce fut surtout le chant choral qui par sa magie nous apporta bien plus qu'un instant, cette sérénité dont chacun de nous feint pouvoir se passer.
 
Contrairement à l'oratorio du début, la deuxième œuvre du concert, "Le Requiem" de Fauré bien connu, nous permit de relâcher un peu notre concentration au paroxysme pendant Franck. Ici, une fois de plus l'interprétation fut sublime dans la douceur et l'humilité voulue par Fauré. Il nous sembla cependant que les chœurs excellaient de manière captivante dans ces passages ou la sérénité cède la place au doute. Comme par le "Jesu meine Freude" de Bach, Fauré nous conduit à l'espoir au-delà de la tristesse et de la mort.
 
Choristes, solistes et musiciens rendirent avec un talent énorme ce Requiem qui n'évoque pas tant le chagrin et la mort mais exprime surtout la confiance en Jésus-Christ et la foi en une vie nouvelle dans l'esprit de Dieu.
 
On aura compris, que même avec le recul, notre enthousiasme n'a pas prit un pli.
 
Paul Moes
 
Par Paul Moes
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