Le Chroniqueur

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CHRONIQUES ET CRITIQUES DE CONCERTS

Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /2007 15:29
Rien compris ou rien à comprendre?
 
 
Pour la programmation du dernier concert de l'année de l'OPL, vendredi, le 21 décembre 2007, nous avions quelques craintes. Ainsi nous avions qualifié ici même d'audacieux le choix d'associer Pascal Dusapin et Anton Bruckner dans une même soirée.
 
Nos craintes se sont avérées injustifiées. Au contraire l'aventure nous a permis de découvrir du Bruckner chez Dusapin et vice versa.
 
Comme le jeune compositeur avait fait le déplacement, nous avons apprécié le sérieux avec lequel il se soumettait aux questions d'Olivier Franck, décidément toujours aussi passionné par ce qu'il fait. Même si nous pensons qu'il ne faut pas pousser trop loin le chauvinisme "Grande Région".
 
Malgré les mots d'introduction de Dusapin, nous entendîmes beaucoup de questions à la pause. Pourquoi appeler cette pièce "Apex"; Qu'est-ce qu'il veut dire avec cette musique? J'aimerais comprendre! Comprendre quoi? Pas de réponse!
 
Beaucoup d'interrogations (cérébrales), peu d'écoute (disponible).Dommage!
 
Pourtant "Apex" est une très belle œuvre. Pour qui sait s'y immerger, cette musique contient des trésors sonores d'une beauté et d'une intériorité étonnante. Il y a de l'harmonie dans les dissonances (cf. l'Allegro moderato de la septième de Bruckner), il y a des silences sublimes cachés dans des invasions de décibels, il y a de la lumière dans l'obscurité.
 
Nous avons beaucoup aimé.
 
Nous croyons que les musiciens de l'OPL aussi.
 
Après la pause la Symphonie N°7 en mi majeur de Bruckner attendit un public, qui ne demanda qu'à rentrer dans le rang. Pourtant ce ne fut pas encore l'heure des puristes!
 
En ce début de saison nous avons eu la chance de découvrir des l undefined ectures très particulières de symphonies de Bruckner. Si déjà l'interprétation de la neuvième de Welser-Möst avec le Cleveland (voir notre article y relatif du 27 octobre 2007) n'avait pas été du goût des amateurs de stricte objectivité, la lecture un peu libertaire que Krivine fit vendredi de la septième n'a pas dû faire, elle non plus, l'unanimité dans les chaumières.
 
Krivine donna de la septième une interprétation presque sensuelle et chantante, libre de toutes lourdeurs métaphysiques, dépoussiérée de toute fascination morbide.
 
Interprété de cette façon, on peut avancer dans Bruckner, sans connaissances particulières.
 
Cependant ils nous restent beaucoup de questions à la fin de cette interprétation. Que nous avons aimé et qui nous a interpellé.
 
Faut-il vraiment sacrifier  le recueillement au lyrisme?
 
Paul Moes
 
Par Paul Moes - Communauté : Musique Classique
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