Un quatuor en perpétuel perfectionnement

Publié le par Paul Moes

Un quatuor en perpétuel perfectionnement

 

Paul Moes

 

Le deuxième concert apéritif de cette saison a confirmé que l’engouement du public pour ces concerts n’est pas un hasard.

 

Dimanche 7 décembre 2008 à 11.00 heures du matin de nombreux mélomanes ont écouté à la Salle de Musique de Chambre de la Philharmonie un excellent concert offert par le Quatuor Louvigny. En début du concert nous avons entendu  le « Quatuor en fa majeur » de Maurice Ravel. Cette œuvre surprend par d’étonnantes trouvailles dans l’écriture jusque dans l’étrangeté de l’harmonie, sans doute déconcertante pour des oreilles qui ne seraient habitués qu’aux quatuors de l’école allemande. L’interprétation chaleureuse du Quatuor Louvigny nous fit penser à une symphonie pour quatre archets. Redoutablement précis, les quatre solistes de l’OPL ont choisi la transparence et l’attention aux timbres instrumentaux sans oublier une sensualité sous-jacente. Nous osons qualifier l’interprétation de Philippe Koch & Fabian Perdichizzi, violons, Ilan Schneider, alto et Aleksandr Kramouchin, violoncelle de magistrale. Nous avons apprécié leur approche pleine d’émotion voire de sagesse. Les timbres furent d’une superbe beauté et les magnifiques plans instrumentaux révèlent non seulement la technique exceptionnelle des « Louvigny » mais surtout la compréhension parfaite de cette œuvre splendide du génial compositeur français. Cependant il est manifeste que la virtuosité et la discipline ne sont pas les seuls atouts du Quatuor Louvigny. On perçoit que chacun des quatre artistes a l’esprit du quatuor et surtout de leur Quatuor. C’est sans aucun doute de cet esprit que vient l’équilibre, la richesse des couleurs expressives et surtout une musicalité superbe.

 

En deuxième partie nous est proposée une œuvre de maturité de Dvorak : le « Quatuor Américain ». Composée peu après la « Symphonie du Nouveau Monde » cette œuvre vit le jour dans la beauté tranquille de la campagne américaine. Le Quatuor Louvigny en donne une interprétation fine et habitée, enjouée et brillante et également pleine de joie de vivre. La maîtrise de la gamme pentatonique dans le développement des deux idées mélodiques qui inondent cette œuvre est superbe. Nous avions déjà entendu cette même œuvre interprété par le « Louvigny » en l’église de Mensdorf, lors des rencontres musicales « Musek am Syrdall ». Fut-ce la différence au niveau de l’acoustique ? Il nous a semblé que l’interprétation dans la Salle de Musique de Chambre était encore meilleure. Un vrai régal ! Ceci est une preuve évidente que l’enthousiasme des quatre artistes ne souffre point de routine et que leur interprétation brillante se perfectionne perpétuellement.

 

Nous nous réjouissons déjà pour le troisième concert-apéritif en février.

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